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Voting Right Act : Un symbole du mouvement des droits civiques invalidé par la Cour Suprême

Ivie 16 juillet 2013 Société
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7 mars 1965, Alabama. 600 manifestants, soutenus par Martin Luther King,  entreprennent une marche pacifique de Selma à Montgomery dans le but de réclamer le droit de vote sans entrave. Bloqués sur le pont Edmund Pettus, ils seront violemment attaqués par la police. Ce « Bloody Sunday » amène le président Lyndon Johnson à signer le dernier acte mettant définitivement un terme à la ségrégation. Le «  Voting Right Act« , signé en 1965, permet à tous les Noirs d’exercer pleinement leur droit de vote.

Retour historique

Bien qu’ayant légalement le droit de vote depuis 1870 avec la ratification du 15e amendement, moins de 5% des afro-américains ont pu voter pendant la première moitié du 20ème siècle. Plusieurs états du Sud usèrent de stratégies imaginatives afin d’empêcher les noirs de voter : taxes élevées que les noirs ne pouvaient payer, intimidation et violence, primaires blanches et tests scolaires.

Ces tests scolaires visaient à prouver que l’électeur potentiel savait lire ou écrire. Ils étaient applicables pour les noirs et les blancs.Les Etats du Sud exigeaient que les électeurs noirs soient lettrés alors que dans un même temps, ‘ils les privaient d’un accès à l’éducation et les considéraient comme illettrés. De plus, les correcteurs blancs étaient seuls juges du résultat du test. Par conséquent, presque tous les noirs échouaient. Rosa Parks, activiste militante et lettrée dût s’y reprendre à trois fois pour réussir le test. Dans certains cas, le test contenait 20 pages avec des questions telles que : «  Nommez les droits d’une personne après avoir été inculpé par un grand jury » ou «  Nommez le procureur général des Etats-Unis ». 

C’est pour mettre fin à ces discriminations que le Président Johnson signa avec Martin Luther King le Voting Right Act.

Empêcher les Etats de Sud d’adopter des mesures ségrégationnistes 

La section 5 exigeait de plusieurs Etats du Sud qu’ils demandent l’autorisation du gouvernement fédéral avant d’effectuer le moindre changement du code électoral. Cette section a assuré la protection des électeurs noirs en empêchant l’adoption d’un millier de lois discriminatoires.

Le nombre d’inscrits sur les listes électorales monta en flèche. Lors de l’élection présidentielle de 2012, le taux de participation des noirs fut, pour la première fois de l’histoire, le plus élevé avec 66,2% contre 64,1% pour les blancs.

Le Congrès l’a sans cesse renouvelé. Georges W. Bush a même signé en 2006 une extension de la loi pour 25 ans.

Le 25 juin 2013, la Cour Suprême a invalidé cette section, laissant aux Etats le loisir d’organiser les élections comme bon leur semble. Le très conservateur président de la Cour Suprême John Robert a expliqué que le Congrès ne comprenait pas l’évolution des Etats du Sud et qu’imposer à certains Etats de demander une autorisation pour effectuer une modification du code électoral était contraire au principe du fédéralisme.

Barack Obama s’est déclaré « très déçu ». Son ministre de la Justice, Eric Holder, habitant de Shelby (comté majoritairement blanc à l’origine de la requête devant la Cour), pense que les habitants du Sud ne peuvent pas encore se passer de la protection de la loi : «  Même s’il n’y a plus de réunions du KKK ni de discriminations éhontées, il y a toujours de l’intimidation et du racisme », déclare t-il.

Plus de KKK mais un racisme moderne 

Plusieurs Etats de Sud sont loin d’en avoir fini avec leur tradition ségrégationniste. Récemment, le président blanc de la prestigieuse Emory University en Géorgie s’est réjoui d’un texte adopté au 18e siècle, expliquant que la valeur d’un esclave représentait  3/5ème  de celle d’un homme libre.

L’application de la loi  » Stand your Ground » met en lumière une autre forme de racisme. La mesure permet aux habitants de 31 Etats de se défendre contre d’éventuels agresseurs en évoquant la légitime défense. Le 13 juillet dernier, Georges Zimmerman, le meurtrier du jeune Trayvon Martin, noir, a été acquitté et est donc sorti libre du tribunal, suscitant l’indignation générale. Sur les 200 cas jugés l’année dernière, on peut constater une injustice raciale : une personne tuant un noir ressort libre 73% du temps alors qu’une personne tuant un blanc ressort libre seulement 59% du temps.

 

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Commentaires

  1. […] tests scolaires ou encore des intimidations. Ce n’est qu’en 1965 que fut adopté le Voting Right Act, la loi sur les droits de vote. Cette loi supprima ces restrictions et permit à la population […]