VULGARIZIT

Pour mieux dénoncer leurs voisins, les Anglais apprennent l’odeur du cannabis

Ivie 8 juillet 2013 Société

Ce printemps, en Angleterre, 210.000 personnes ont reçu une carte à gratter reproduisant l’odeur du cannabis. Le principe est simple : habituer les habitants à l’odeur afin qu’ils puissent reconnaître leurs éventuels voisins cultivateurs et les dénoncer contre rémunération. Des conseils sont également donnés pour les repérer : visites à des heures improbables, une pièce éclairée nuit et jour, bruit de ventilation, etc.

Quand le citoyen joue à l’inspecteur

L’initiative a été lancé par CrimeStoppers, qui comme son nom l’indique, permet aux civils de contribuer à stopper des crimes en tout genre. Lord Ashcroft, fondateur de l’organisation, accentue ce climat de peur en expliquant que « les cultivateurs de cannabis sont souvent en relation avec des gangs et sont impliqués dans d’autres crimes incluant des armes à feu ». 

Outre les cultivateurs, les anglais ont la possibilité de dénoncer des personnes impliqués dans un large choix de crimes et délits, allant du vol au crime sexuel, grâce à une base de données montrant la photo des criminels. Le site indique arrêter 22 personnes par jour grâce aux appels anonymes.

De nombreuses structures similaires sont présentes à travers le monde (Canada, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis) avec toujours le même objectif : permettre à des anonymes de contribuer au bon fonctionnement de l’Etat, tout en étant rémunéré. Aux Etats-Unis, l’organisation affirme avoir arrêté plus de 630.000 personnes et payé plus de 99 millions de dollars de récompenses.

 

La délation, le job de demain ? 

Contrairement aux périodes sombres de l’histoire où l’on dénonçait des gens à des fins idéologiques et politiques, aujourd’hui la délation s’immisce de plus en plus dans le banal quotidien des gens.

En 2011, plusieurs sources évoquaient l’existence des écoles de délation en Corée du Sud dans lesquelles des citoyens apprenaient à espionner leurs voisins, avec à la clé d’importantes récompenses. Armés d’appareils photos, ces nouveaux paparazzis sillonnaient le pays en quête de l’une des 336 infractions donnant droit à une prime d’Etat. « Une photo d’un passant jetant son mégot et hop, je gagne 30 000 wons (20 euros) ! », s’enthousiasmait Mme Song,  nouvelle apprentie.  Du mégot jeté à la fraude aux assurances, la liste des infractions visaient tous les secteurs et pouvaient rapporter gros. Pour compenser des effectifs de police trop réduits,  l’Etat a reversé aux délateurs 20% des amendes perçues. Devant l’engouement des mouchards, le gouvernement a décidé de créer des écoles pour les rendre plus performants.

 

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